Pas un comte d'Anjou... un chanoine rachitique
Une pirouette de l'Histoire. Une de plus. A Beaulieu-lès Loches, on devrait se souvenir longtemps de l'année 2007, celle du millénaire. Et pour cause. En janvier dernier, pour célébrer comme il se doit le millénaire de la fondation de l'abbaye de Beaulieu, il est décidé d'exhumer les restes de Foulques Nerra. Faute d'autorisation dûment remplie, l'opération est provisoirement reportée.
En avril, tout est prêt pour le (très) médiatique Dr Philippe Charlier, - médecin-légiste, il est également anatomo-pathologiste et paléo-pathologiste - , soulève la dalle mortuaire et dispose enfin des restes (présumés) de Foulques Nerra pour les étudier.
Beaucoup plus jeune que prévu...
Devant micros et caméras, l'équipe mettra à jour le crâne, une fût fémoral, une fiole obturée par un sceau, des fragments de bois, des vertèbres... Le spécialiste veut, entre autres, se pencher sur les traces d'embaumements que pourraient encore porter les os.
Las. En début de semaine, Pierre Renard, le maire de Beaulieu, apprend par le Dr Charlier qu'il ne peut en aucun cas s'agir des restes de la dépouille du Faucon Noir : pas de traces d'arthrose, une dentition en bon état.
Hier après-midi, sans pouvoir disposer encore des conclusions de l'étude au carbone 14, - il faudra encore attendre plusieurs semaines compte rendu de la liste d'attente pour ce genre de recherche -, le jeune paléopathologiste pouvait préciser cependant le profil de l'homme retrouvé dans l'église... et pourtant exhumé en 1870 comme étant Foulques Nerra, puisque des écrits antérieurs l'attestaient !
"C'est un individu masculin, jeune, agé de 25 à 45 ans. Il ne porte pas de lésions en rapport avec un embaumement... et c'était un sujet rachitique." Fin de l'histoire. Les restes de celui qui était peut-être un abbé ou un chanoine devraient retrouver leur terre bellilocienne dès cette fin de semaine.
Pas trop déçu ? Le docteur Charlier s'en défend. "C'est une exhumation comme une autre", insiste-t-il. Dommage pour le battage médiatique...
Pas question cependant de laisser tomber. Les véritables restes, - Foulques Nerra a été enterré là en 1040, - à 70 ans après plusieurs voyages en Terre Sainte ! -, pourraient être cherchés à nouveau. Ils pourraient se situer à l'emplacement de l'ancienne salle capitulaire, ce qui correspond aujourd'hui à une maison d'habitation. La technique de la résonance magnétique permettrait une première localisation.
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