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Mercure - Itinéraires Culturels

Cette fois, c'est sûr ! Après une analyse poussée, les restes présumés de Jeanne d'Arc, ne sont absolument pas authentiques. il s'agit en fait de restes d'une momie égyptienne de la Basse Époque (entre le VIIIe et le IIIe siècle avant Jésus Christ).
Nous devons reconnaître que dans le milieu, nous ne croyions guère à cette affaire, mais maintenant, nous pouvons l'affirmer avec certitude.
L'histoire de ces restes commence en 1867, rue du temple, à Paris. Dans un bocal d'apothicaire sont découverts des os carbonisés (
une côte humaine, recouverte d'un enduit noirâtre ressemblant à du bitume, et un fragment de vertèbre humaine), un bout de fémur de chat, un morceau de tissu en lambeaux et des fragments de charbons. Ces restes, les os carbonisés, auraient été récupérés sur le bûcher de la pucelle. Sur le bocal, une inscription :«Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d'Arc, Pucelle d'Orléans.»
De nombreuses études plus tard, alors que le doute est plus que permis, les restes deviennent l'objet d'un réel culte auprès des officionados, nombreux, de Jeanne d'Arc.

Et puis, aujourd'hui, la technologie vient répondre de manière défnitive aux questions et aux doutes de nombreux fans de la question. Le docteur Charlier, 29 ans, bardé de diplômes en médecine légale, fort de son succès dans l'étude sur les restes d'Agnès Sorel se lance. Il met à la mode au passage une nouvelle discipline, sur la quelle nous reviendrons, la paléopathologie. Il avait réussi à prouver, il y a peu, que la favorite de Charles VII était morte, en couche, à cause d'une trop forte dose de mercure. Erreur médicale de l'époque, ou empoisonnement, le mystère reste entier, mais la cause est maintenant connue. Nous savons par ailleurs que le mercure était utilisé comme un remède pour soulager la douleur des femmes en train d'accoucher au XVe siècle, ce qui n'exclut tout de même pas la thèse de l'empoisonnement...
Déjà, en décembre 2006, alors que les analyses ne sont pas finies, le docteur Charlier commence à parler de restes de momie égyptienne, plutôt que d'une jeune fille du XVe siècle. Et maintenant, les conclusions ont l'air assez probantes. A la grande déception des milliers de fanatiques de ce sujet qui sont venus pour beaucoup au musée Jeanne d'Arc du château de Chinon, ainsi qu'au musée des Amis du Vieux Chinon, pour se "recueillir" sur ce bocal et tout ce qui attrait à la pucelle de Lorraine.
Il s'agit donc des restes d'une momie égyptienne de la Basse Époque. On pourrait rétorquer : mais que feraient les restes d'une momie dans un bocal d'apothicaire, à Paris, au milieu du XIXe siècle ? La question n'est pas si superflue que cela. Après l'expédition d'Egypte de Napoléon et surtout après le voyage de Champollion, de nombreux morceaux de momies ont traversé la Méditerranée, jusqu'à la capitale, ou ils furent étudiés et souvent revendus. Ce qui explique qu'il n'est absolument pas rare, à cette époque, de tomber sur ce genre de restes humains.
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Quoiqu'il en soit, les restes de Jeanne entrent définitivement dans la légende de l'histoire, et la technologie, allié à notre bon sens, nous rapelle régulièrement à l'ordre : comment ses restes auraient-ils pu tout simplement perduré ? Le but de la crémation n'est-il pas justement de ne pas laisser de traces ? Ou comment la légende et le merveilleux peut prendre le pas sur le sens commun...

Compte-rendu de cette analyse, à lire partout dans la presse quotidienne. Notamment dans "Libération" ici.
D'autres informations sur le site des amis du vieux Chinon ici.
par Nicolas Mémeteau publié dans : Actualités / Edito
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