MONUMENTAL auf Deutsch
La citadelle de Loches se compose du donjon médiéval, comme nous l'avons vu précedemment, et d'un logis royal, lieu qui vit passer Charles VII, Louis XI, Agnès Sorel et tant d'autres. Ce fut un haut-lieu historique au XVe siècle.
Le château, à l'époque, est une forteresse, mais il ne saurait se résumer à cela. L'extrémité nord de la citadelle est en effet occupé par un logis royal depuis le
Moyen-Age, bien avant le logis existant actuellement. Il ne reste rien de ce logis. La partie la plus ancienne qui nous soit parvenue date du XIVe s. Il a été édifié en deux campagnes, facilement
identifiables.
L'aile primitive XIVe est cantonnée de deux tourelles, dont se détache une tour ronde, en saillie sur le fossé, appelée Tour de la Belle Agnès. Le tombeau d'Agnès Sorel a longtemps logé
au rez-de-chaussée de cette tour, de 1970 à 2005. Depuis 2005, le tombeau a retrouvé son emplacement initial, dans la collégiale Saint-Ours, toute proche du logis. Initial, à ceci près qu'il a
tout de même changé de bas-côté, par rapport à 1450, pour des raisons assez obscures !
Très restauré dans ses parties hautes, ce logis confortable aux sculptures raffinées conserve quelques éléments défensifs. Le traitement de cette façade orientale est un des charmes les plus
évidents du logis. Elle s'ouvre sur de larges croisées, avec un décor pseudo-guerrier constitué de tourelles engagées, d'échauguettes d'angle et d'un chemin de ronde que précède une corniche
feuillagée. Crènelé seulement au XIXe s., lors d'importantes restaurations, ce chemin trouvait sans doute un prolongement sur le mur-pignon méridional.
Le logis neuf, construit sous Charles VIII et Louis XII (fin XVe, début XVIe s.) prolonge le précédent au Nord. Il reste
dans la tradition gothique, sans apport italien, malgré le début des guerres d'Italie, par Charles VIII, en 1494. Il fut l'un des rares châteaux de la Loire à ne pas profiter des
inspirations italiennes. Construction trop contemporaine des premières conquêtes ? La question se pose et n'a pas trouvé de réponses convaincantes pour l'instant.
Une loggia flamboyante ouvrant sur le jardin conduit à l'oratoire d'Anne de Bretagne, petite chapelle voûtée d'ogives dont les parois et l'autel sont couverts à
profusion d'hermines bretonnes et de la cordelière de saint François, emblême de la reine. Cet oratoire est l'une des pièces les plus petites, mais des plus intéressantes de la
visite.
Il me paraît évident de signaler que cette deuxième partie du château, indépendante du donjon n'a pas le même intérêt que la première. Le donjon est incontournable
dans la comprhension des châteaux forts ; il en reste peu et celui-ci est donc important. Le logis royal est de facture classique, de taille modeste. Il recèle toutefois un vrai trésor : le
triptyque et la Vierge à l'enfant, au visage d'Agnès Sorel, le sein découvert.
Privilégiez la visite des deux monuments, c'est le mieux à faire. Le conseil général d'Indre-et-Loire, propriétaire des deux lieux, a eu l'intelligence de créer un billet groupé qui permet de
visiter les deux sites. Il est clair qu'un billet unique pour l'un ou l'autre n'est pas vraiment intéressant, il existe toutefois, tout comme il existe pour le donjon.
A visiter, si vous avez le temps de parcourir le logis ET le donjon.
Entre les deux monuments, on passe devant la collégiale Saint-Ours, contenant maintenant le tombeau d'Agnès Sorel... mais ceci est une autre histoire !
Informations : page patrimoine du conseil général 37, Monuments-touraine.fr
N'oubliez pas l'article de MONUMENTAL sur le donjon de Loches ici
Merci à Thibaut Boulay pour ses images du donjon et du logis royal.