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MONUMENTAL

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Actualité du patrimoine. Visites, lectures, expositions, dans des châteaux, des églises. Notre passion du patrimoine à la portée de tous.


Talleyrand à Valençay

Publié par Nicolas Mémeteau sur 2 Juin 2006, 00:00am

Catégories : #Un peu d'histoire...

Rares sont les personnages aussi controversés que Charles Maurice de Talleyrand-Périgord.
D’abord écclésiastique, puis ministre des affaires étrangères incontournable de Napoléon, artisan des traités de Lunéville (1801) et d’Amiens (1802), il entra en disgrâce à partir de 1807, complota avec le célèbre Fouché (ancien ministre de l’intérieur de l’empereur), avec le tsar Alexandre Ier. Il participa ensuite à la restauration des Bourbons en 1814, pour redevenir ministre des affaires étrangères de Louis XVIII et de Charles X. En quelques phrase, nous comprenons la complexité de la carrière de Talleyrand au sommet de l’Etat pendant près de 40 ans, queqlue soit les régimes ! Et ils furent nombreux durant cette période…
Né en 1754, il est isu d’une famille de vieille et illustre noblesse. Un accident malheureux le rendit boîteux pendant l’enfance, cela le dirigea vers une carrière ecclésiastique, n’ayant pour cela aucune vocation. Evêque d’Autun en 1789, député du clergé aux Etats Généraux, il se lie avec Mirabeau et propose la nationalisation des biens de l’Eglise. Célébrant la messe à la fête de la fédération le 14 juillet 1790, il fut l’un des quatre évêques à accepter la constitution civile du clergé. Condamné par le pape pour avoir sacré les premiers évêques assermentés, il quitte l’Eglise en 1791.
Après une mission diplomatique en Angleterre à partir de 1792, il ne quittera presque plus ce type de fonctions jusqu’en 1834, avec les différents revers que l’on sait auprès des grands personnages des cours européennes.
 
Talleyrand acquit le château de Valençay, répondant au souhait du premier consul Bonaparte le 7 mai 1803 : « je veux que vous achetiez une belle terre, que vous y receviez brillament le corps diplomatique et les étrangers marquants, qu’on ait envie d’aller chez vous et que d’y être prié soit une récompense pour les ambassadeurs et les souverains dont je serai content », telle était la demande du futur empereur envers son ministre, qu’il fit prince de Bénévent en 1806. Il est clair que Napoléon aida Talleyrand pour acheter le château et ses 19 472 hectares de terre et de bois environnant.
Les séjours du « diable boîteux » furent rares, en dehors des grandes réceptions, jusqu’à la chute de l’empereur en 1814. Se trouvant moins souvent employé sous Louis XVIII et Charles X, il y vint plus régulièrement et agissait alors en aristocrate soucieux de la bonne gestion de ses terres et domaines. On le vit même agir en philanthrope local, reconstruisant les halles, installant des maisons de charité ou établissant une filature au moulin du Pont.
Dans le même temps, Talleyrand acquit le 31 janvier 1818 le proche château de Bouges. Il y a peu résidé mais y exploita les terres et notamment les vignes (un état des titres du domaine de 1822 nous l’apprend). Par le suite il laissa l’épouse de son neuveu Edmond, Dorothée de Périgord devenue duchesse de Dino en 1817, habiter au domaine de Bouges, ce qu’elle fit à de nombreuses reprises.
 
A partir de 1834, se retirant de ses fonctions diplomatiques, il séjourna presqu’à plein temps à Valençay. Il y termina la rédaction de ses Mémoires.

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