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MONUMENTAL

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Actualité du patrimoine. Visites, lectures, expositions, dans des châteaux, des églises. Notre passion du patrimoine à la portée de tous.


Catherine de Médicis en Val de Loire

Publié par Nicolas Mémeteau sur 7 Juillet 2006, 00:00am

Catégories : #Un peu d'histoire...

Catherine de Médicis est né le 13 avril 1519 à Florence. Elle est la fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d’Auvergne. Elle épouse en 1533 le duc d’Orléans, qui deviendra roi de France en 1547 sous le nom d’Henri II.
Sous le règne de son mari, la reine fut totalement éclipsée par Diane de Poitiers. Elle ne s’affirma politiquement qu’après la mort d’Henri II en 1559 où elle règna sur le pays avec trois de ses fils (François II, Charles IX et Henri III). C’est alors que son influence en Val de Loire alla grandissant.

En 1550, alors reine de France, elle adminstre pendant près de dix ans le domaine de Chaumont-sur-Loire. Elle s’intéresse assez peu au château qui demeure une construction austère d’aspect médiéval, sans intérêt pour une reine éclairée par le Renaissance. Elle y vint d’ailleurs assez peu. En revanche, le domaine est très lucratif à cette époque : de vastes terres, des vignes, des caves pour les vignerons, un pont (péage obligatoire pour qui veut traverser la Loire), sans oublier le fleuve royal lui-même. Chaumont devenant de fait château royal, chaque bâteau qui souhaite passer devant la résidence doit s’aquitter d’une taxe – l’honneur de passer devant la demeure royale. L’administration d’un tel domaine s’avère très intéressant pour Catherine durant ces dix années.
Henri II décède en 1559 pendant un tournoi. Tout le monde connaît cet épisode célèbre de l’histoire de France, où Montgomery (encore un anglais !) loge un morceau de sa lance dans l’œil du roi. Après une longue agonie le roi meurt. Catherine prend alors les rênes du pouvoir, avec son premier fils François II, qui décède après seulement un an de pouvoir.
Suite à ces évènements, Catherine contraint Diane de Poitiers à échanger Chaumont et Chenonceau. En 1560, dès l’acquisition du site, Catherine va poursuivre la campagne de travaux initié par Diane.
Elle commence par l’organisation dans les jardins de grandes fêtes en l’honneur de la venue de son fils François II et de la reine Marie Stuart. Catherine aime les fêtes et veut faire des jardins de Chenonceau un lieu de réception grandiose. Dès les années 1563-1565, elle réorganise les jardins à l’ouest du château. Pour l’occasion, elle fait peut-être appel à Bernard Palissy, le célèbre céramiste, qui a publié en 1563 l’ouvrage Recette véritable dans lequel il décrit le « jardin délectable » selon lui : « il y a des choses en ce livre qui pourront beaucoup servir à l’édification de votre jardin de Chenonceau ; et quand il vous plaira me commander vous y faire service, je ne [manquerai de] m’y employer ». Il explique aussi comment choisir l’emplacement d’un jardin : « il est impossible d’avoir un lieu propre pour faire un jardin, qu’il n’y ait quelque fontaine ou ruisseau qui passe par le jardin ». D’où la place tenue par les grottes, les jets d’eau et les rochers dans ces aménagements. Elle y ajoute également le jardin vert (plus à la mode italienne) avec des arbres et des arbustes à feuillages persistants, ainsi qu’une volière et une ménagerie. Elle accroît le vignoble de Thomas Bohier et bâtit une magnanerie et une filature.
Une deuxième campagne se déroule à Chenonceau entre 1576 et 1580 ou Catherine décide l’ajout de deux niveaux de galeries sur le pont qui enjambe le Cher que Philibert Delorme avait déjà construit pour Diane de Poitiers. Deux immenses pièces sont alors créées et le château prend l’ampleur qu’il connaît aujourd’hui.

Durant toutes ces années de travaux, Catherine vécut la plupart du temps à Blois, sans pour autant modifier profondément le château, à peine remis des ajouts de François Ier depuis 1519. Elle y fut présente notamment pendant les deux Etats Généraux convoqués par Henri III en 1576 et 1588.
C’est dans la chambre qui porte son nom au château que Catherine s’éteint le 5 janvier 1589 à 13h30. Pierre de l’Etoile raconte : « elle était agée de 71 ans et portait bien l’âge pour une femme pleine et grasse comme elle l’était. Elle mangeait bien et se nourrissait bien […] Deux jours avant qu’elle mourût, elle se fit laver la tête à l’eau froide, contre l’opinion des médecins et de tout le monde, et ce comme par un désespoir (ainsi qu’on présuma) pour avancer la fin de sa vie […] A Blois, où elle était adorée et révérée comme la Junon de la Cour, elle n’eut pas plutôt rendu le dernier soupir qu’on n’en fit non plus de compte partout que d’une chèvre morte. » Ainsi finit une grande reine pour la France qui laissa en Val de Loire des traces indélébiles de son passage.
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