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MONUMENTAL

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Actualité du patrimoine. Visites, lectures, expositions, dans des châteaux, des églises. Notre passion du patrimoine à la portée de tous.


La Devinière, musée Rabelais

Publié par Nicolas Mémeteau sur 15 Janvier 2007, 00:00am

Catégories : #Val de Loire


     Sur le chemin des noisetiers
 

    Rabelais n’est pas né à Seuilly. Et pourtant sa vie, et son œuvre y demeurent à jamais inscrites sur les parois du pigeonnier et su les murs de la chambre de Grandgousier.

 

    L’accès à la demeure de l’écrivain est bucolique. C’est un petit chemin grimpant, bordé de noisetiers, que notre saint homme emprunta à maintes reprises. Ne serait-ce que pour trouver l’inspiration dans le paysage environnant, le miel de son existence. Ses ouvrages en attestent, et vont bien au-delà, nous informant de son quotidien, au jour le jour, ou presque…

    Derrière l’apparence du délire verbal, le Chinonais nous apprend qu’il n’est pas né à « La Devinière », propriété de son père, mais vraisemblablement non loin de là, sans la prairie de la Saulaie, où Gargantua… a vu le jour.

    Les chemins cahoteux et les carrioles bringuebalantes de l’époque favorisaient les accouchements prématurés. La réalité-fiction de l’écrivain. « La Devinière » demeure son port d’attache, ses récits y prennent forme, ses personnages mythologiques s’en échappent.

    Dans la grand’salle attenante au pigeonnier, Grandgousier fait ripaille. La cheminée aux dimensions rabelaisiennes conserve encore le grillé des châtaigne des veillées d’hiver. C’est une pièce modeste en vérité, que papa Rabelais réservait aux domestiques. Médecin, avocat, religieux, l’auteur de « Gargantua » y retrace sa carrière.

    Le pigeonnier voisin ne se manifeste que de l’extérieur (l’intérieur est une salle de visite), avec ses 288 trous formant un bel ensemble architectural. Il surplombe de magnifiques caves qui, malgré l’esprit rabelaisien, n’ont rien à voir avec l’entrepôt de vin. Il s’agissait plus prosaïquement d’en extraire la pierre.

    On se perd gentiment dans le dédale du tuffeau caressé par une lumière tantôt douce, tantôt projetée brutalement sur l’arête de la pierre où les personnages rabelaisiens prennent forme.

    Gargantua, à qui l’on doit toutes les catastrophes, est cette fois plutôt bonhomme. On rapporte en effet que selon ses humeurs, le héros chinonais a pu façonner une géographie populaire très particulière, dont la carte sur le mur fait bonne figure. Qu’il tape du pied et les vallons et les vallées prennent forme, qu’il se soulage et voici les crues.

    Avec un langage fleuri (et quelques contrepèteries dont il raffole) et non pour ses idées, Rabelais eut à subir les foudres des censeurs. « Mignonne allons nous frotter le lard », écrivait-il à l’époque, précédant un autre poète ligérien qui polissait la rime d’une toute autre manière. Pour l’un et l’autre, la Touraine a aujourd’hui les yeux de Chimène. A chacun son écho.

Loïck Gicquel

Article paru dans le supplément week-end de la NR du 08 décembre 2006

La Devinière, à Seuilly, près de Chinon, ouverte tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 12h et de 14h à 17h, 4,50 €. Tel. 02 47 95 91 18

La Devinière à Seuilly
 

L’équipe Monumental a visité la Devinière en 2004. Cet article de journal est l’occasion d’évoquer ce petit site tout à fait charmant. Car la maison de Rabelais est réellement petite, il n’y a que 3 pièces à visiter à l’intérieur. En revanche, le conseil général a eu la bonne idée, pour enrichir la visite de tranformer la grange-pigeonnier en musée sur la vie de Rabelais. C’est l’occasion de se pencher sur la vie atypique de ce personnage.

La grange pigeonnier, à l'intérieur de laquelle se trouve le musée Rabelais

Nous vous conseillons de suivre une visite guidée, pour ne pas passer à côté du personnage. Les guides de la Devinière sauront vous expliquer en détail l’œuvre de l’écrivain et surtout l’impact de la Touraine et du Chinonais sur ces écrits, mais aussi l’aspect exaltant et particulier de la vie de Rabelais.

En résumé, même si le site est minuscule, il est envoûtant et permet de plonger dans l’univers d’un écrivain bien singulier du XVIe siècle. Vous en ressortirez avec une grande envie de (re)lire les pérégrinations de Grandgousier et de Gargantua et vous repenserez nécessairement aux lieux dont il parle, et notamment Seuilly.

Où comment un lieu peut vous donner le goût de la lecture… rien que pour ça, c’est un site magnifique !

Plus d'infos sur la page internet des monuments du conseil Général ici.
Merci à François Barré pour ses photos.

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Commenter cet article

aoustin 11/08/2007 13:39

la Devinière est sur le parcours de randonnées trés sympas à faire à travers les vignes, champs céréaliers, moulins, forêts...dont une trés  courte de 4 km que l'on peut avoir sur le site du Conseil Général . On peut picniquer dans ce site trés bucolique et se raffraichir dans les caves en tuffeau , n'oubliez pas les fouaces et le vin de Chinon.

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