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Mercure - Itinéraires Culturels

Tiffauges est resté célèbre dans l'histoire pour avoir été la résidence de Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, connu aussi sous le nom de Barbe Bleue, immortalisé par le conte de Charles Perrault.

Ce sont les seigneurs de Thouars (dans les Deux-Sèvres actuelles) qui dotent Tiffauges d'un château de granit dès la fin du XIIe siècle. A la fin du XIVe s., en pleine Guerre de Cent Ans, Milet de Thouars renforce les défenses du château, redoutant une attaque. Gilles de Rais, sire de Laval et de Craon, lieutenant général du Duc de Bretagne et maréchal de France, au début du XVe, en prend possession. Après son renvoi de l'armée, il s'adonnera, notamment à Tiffauges, à sa grande passion : l'alchimie. Elle causera sa perte. Sa course pour créer la pierre philosophale le poussera à sacrifier des animaux, puis des jeunes enfants pour ses expériences. Gilles de Rais avoua entre 140 et 200 infanticides. Il fut brûlé à Nantes le 25 octobre 1440.

Gilles de Rais, Maréchal de FranceCet historique est très sommaire, mais il correspond à la documentation donnée à l'entrée du monument. On comprend donc que l'accent sera mis sur un autre aspect. Tiffauges a en effet été transformé en château pour enfants. Toute la visite est axée sur la découverte des enfants. Ils vont découvrir les principes de base d'un château fort, ainsi que la vie de Gilles de Rais et le conte de Perrault dans l'enceinte du château.
Quelques courtes animation explique la vie du soldat alchimiste (édulcorée naturellement), et un théâtre d'ombre (théâtre chinois) raconte le conte de Perrault.
Machine de levage







Le site est aussi un grand conservatoire des machines de siège, et c'est cet aspect qui nous a incité à nous y rendre. Ce spectacle, nommé « Ecus et trébuchets, l'art de la guerre » dure 30 minutes et nous assistons alors à des démonstrations passionnantes de machines de jet. C'est donc l'occasion de voir fonctionner une catapulte, un mangonneau, un trébuchet (en maquette seulement, la portée étant trop grande !) et un couillard. Les boulets sont bien sûr remplacés par des boules de plastiques remplies d'eau. Les portées sont impressionnantes, notamment le couillard, dont le boulet finit sa course sur la muraille du donjon, à plus de 130 mètres...
Quelques armes à feu sont aussi activées comme la bombarde par exemple. Le spectacle explique enfin les différents soldats, et leurs équipements respectifs, que l'on peut trouver dans les troupes médiévales.
La tour de siège L'enclos des machines
Le site est très en ruine mais possède beaucoup de charme. La visite nous a quand même un peu déçu. Comme elle est exclusivement consacrée aux enfants, les adultes peuvent s'y ennuyer. Un château fort pour les enfants peut sembler une bonne idée, mais au point d'oublier totalement les parents accompagnants, nous pensons que c'est dommage. Le donjon et le châtelet sont inaccessibles. La chapelle est très ruinée. Mais la crypte est magnifique.
La chapelle La tour du Vidame
En revanche le spectacle avec les machines de siège (raison de notre visite) nous a enchanté durant 30 minutes. Pour le reste, nous sommes plus dubitatifs. Et nous trouvons bizarres de consacrer ce site aux enfants, lorsque l'on sait ce que Gilles de Rais a fait à des dizaines d'enfants pour ces expériences alchimiques. Ce pied de nez à l'histoire ne nous semble pas du meilleur goût.

Plus d'infos :
chateau-barbe-bleue.vendee.fr/

par Nicolas Mémeteau publié dans : Ailleurs...
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En 1055, sur des bases d’une ancienne cathédrale carolingienne, le comte d’Anjou Geoffroy Martel, fils de Foulques Nerra souhaite lancer la construction d’un nouvel édifice. Il nomme pour cela Vulgrain, moine d’Angers, connu pour être un excellent bâtisseur. Il va détruire le monument précédent et construire une cathédrale romane, conforme aux modes de l’époque. Cette construction va s’échelonner de 1060 à 1120, date de la dédicace de la cathédrale par Hildebert de Lavardin (le 25 avril), en présence du comte Foulques V.

C’est depuis cette cathédrale en chantier que le pape Urbain II vient prêcher la croisade en 1095.

Deux incendies viennent endommagés l’église en 1134 et 1137, notamment la charpente de la nef. C’est alors que l’évêque Hugues de Saint-Calais va décider le voûtement en pierre de la nef, dans le style angevin, qui va devenir célèbre sous l’appellation de « voûte Plantagenêt », que l’on retrouve partout en Anjou, dans les construction à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle. Elle précède et est un peu différente de la croisée d’ogives qui règnera durant tout le XIIIe siècle. Pour les spécialistes et observateurs, vous remarquerez que la voûte Plantagenêt est beaucoup plus bombée que l’ogive et que la clé de voûte est très haute, par rapport au départ des arcs de cette même voûte.

La cathédrale est consacrée en 1158 et c’est alors un bâtiment homogène : nef, transept, chœur et crypte Saint-Julien.

Le roi de France reprend la main sur l’ouest de la France au début du XIIIe siècle, après avoir vaincu Jean sans Terre, roi d’angleterre. L’évêque du Mans, Maurice, rêve alors d’une cathédrale nouvelle, plus haute et plus spacieuse, qui ressemblerait plus aux critères nouveaux, mis en place en Ile-de-France et dans la région dans deux chantiers importants, Chartres et Bourges. En 1217, Philippe-Auguste autorise la construction d’un chœur qui irait au-delà de la muraille gallo-romaine, qui la ceint. Il faut en effet cette autorisation royale pour détruire des murailles, fussent-elles gallo-romaines.

Plan au sol

La reconstruction du chœur, achevée en 1273, nécessite une modification du transept vers la fin du XIVe siècle, pour coller avec la nef, romane, qui ne sera jamais transformée, faute de temps, d’argent et de contexte politique complexe : guerre de cent ans (territoire anglais au XVe siècle), guerres de religion (particulièrement violentes dans la région du Mans et qui fit souffrir la cathédrale)

Chevet gothique de la cathédrale
La visite de cette cathédrale est plus que passionnante car elle est une leçon d’architecture à elle toute seule, entre le roman finissant et l’art gothique. Lorsque vous vous trouvez à la croisée du transept, un regard d’un côté vous montre un chevet gothique parfait, lumineux, majestueux, un regard de l’autre vous montre une nef romane massive, plus sombre, magnifiquement voûté à la mode Plantagenêt.
Chevet Chevet intérieur
Le chœur est tout à fait conforme aux canons gothiques du XIIIe siècle avec notamment de nombreuses colonnettes qui montent d’un jet vers la voûte sur près de 27 mètres, de quoi donner le vertige. Le triforium est l’occasion de voir de magnifiques vitraux contemporains de la construction. Les fenêtres hautes culminent à 34 mètres du sol et s’achèvent dans les voûtes, des croisées d’ogives parfaites. Le déambulatoire à chapelles rayonnantes est le morceau de bravoure de cette partie puisqu’il est double, séparés par des colonnes-piliers impressionnantes. Il est surmonté de deux hauteurs de voûtes différentes dans chacune des travées, ce qui est spectaculaire. La partie basse supporte en fait le triforium qui court tout autour du chœur.
Les deux hauteurs du déambulatoire Détail des voûtes du déambulatoire Partie tournante du choeur, vu du déambulatoire

Des chapelles rayonnantes, l’axiale, dédiée à la Vierge est la mieux conservée (du XIVe siècle) et la plus intéressante. Les voûtes des quatre travées sont totalement peintes et évoquent intégralement la musique : partitions, textes de prières et collections d’instruments de musique incroyable. Elles sont les vestiges médiévaux de peintures murales les plus intéressants que nous ayons vu depuis longtemps.

Voûte de la chapelle axiale (XIVe siècle)

Et puis, bien sûr, la nef angevine, du XIIe siècle, qui est notre coup de cœur. Les grandes arcades reposent alternativement sur des colonnes cylindriques ou sur des piliers à colonnes engagées. Certains chapiteaux sont taillés à la manière corinthienne, d’autres sont juste épannelés (c’est-à-dire à peine dégrossis). Au-dessus, un faux triforium court de part et d’autre de la nef, tantôt aveugle, tantôt ouvert par de petites fenêtres. Le voûtement des cinq travées nous touche particulièrement. A Monumental, nous avons une affection particulière pour la voûte Plantagenêt, elles sont ici magnifiques. Elles culminent à 24 mètres du sol.

Nef avec le voûtement Plantagenêt Voûte Plantagenêt à la croisée du transept
Les bas-côtés sont voûtés d’arêtes bien sûr, dans la grande tradition romane. Vous noterez une particularité, la bichromie (unique dans le nord de la France) de la pierre, blanche et rouge, qui n’est pas sans rappeler les églises romanes du sud de la France, Auvergne ou Pyrénées entre autres.
Bas-côté nord, vue intérieure. Regardez la bichromie de la maçonnerie. Bas-côté sud, vue extérieure. Regardez la maçonnerie, typiquement romane.

La croisée du transept reste sans doute le point d’observation le plus incroyable de ce lieu ou roman et gothique avec une grande habileté, alors que ces deux parties n’étaient pas censées cohabitées. Elles le font tout de même, et c’est passionnant.

Lorsque vous passerez au Mans, nous vous conseillons de vous perdre dans le dédale des ruelles médiévales (nous y reviendrons), mais surtout, prenez le temps de découvrir dans le détail l’une des cathédrales les plus atypiques, les moins connues aussi, mais surtout une des plus instructives que nous connaissions.

par Nicolas Mémeteau publié dans : Ailleurs...
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Depuis longtemps, l’histoire des templiers fait couler beaucoup d’encre. On a tout lu ou preque sur cet ordre, tout et son contraire, sérieux ou farfelu. Si vous souhaitez vous y intéresser de manière sérieuse et ludique, loin de l’esprit romanesque dominant souvent ces questions, nous vous invitons à visiter la commanderie templière à Arville (Loir-et-Cher), à environ 25 km au nord de Vendôme, ou à l’ouest de Châteaudun.
 
Cette commanderie fut fondée au XIIe siècle, en même temps que tout le réseau créé par les chevaliers du temple à cette époque. Après 1312 et la disparitions de ces derniers, les hospitaliers ont repris le domaine et l’ont exploité jusqu’en 1793. la commanderie gérait à cette époque plus de 1000 ha de terre attenant aux bâtiments. C’est vous dire la fortune colossale que rapportait l’exploitation. Car il s’agit bien de cela : exploitation agricole, banque, lieu d’étape et de repos des templiers…
 
Le domaine ressemble à une grosse ferme fortifiée avec tous les bâtiments qui attèle ce genre de construction : grange dîmière, pigeonnier, four à pain (qui fonctionne encore). Vous y verrez également un vrai jardin médiéval, composé de quatre carrés, représentant les quatre éléments : le carré potager, celui des plantes médicinales, des plantes des champs et le carré dit des utilitaires (lin, chanvre…). Ce sera l’occasion de profiter des multiples senteurs de ce jardin, puisqu’il est en libre accès, ce qui est un vrai bonheur !
Ensuite, la visite de l’église s’impose, elle aussi du XIIe s. Le clocher nu surprend avec ses trois arcades en plein cintre, symbolisant la Trinité. Elle est l’occasion de s’intéresser aux pierres locales utislisées dans les constructions : grison (conglomérat de silex, de quartz, d’argile et de minerai de fer) ainsi que le roussard (grès ferrugineux), très utilisé dans tous les bâtiment de cette région, le Perche. Elles donnent à l'ensemble des couleurs très particulières.
 
La pièce principale de la visite est bien sûr le musée dédié a l’histoire des templiers ainsi qu’à celle des croisades, baptisé Centre d'histoire des ordres de chevalerie. Il vous en prendra plus d’une heure et demi de votre temps, pour lire tous les panneaux, mais c’est tout simplement excellent tant au niveau du contenu des textes que de la scénographie dont nous préférons ne pas révéler la teneur, tellement elle est étonnante !
 
Deux heures d’une visite inhabituelle mais très agréable qui mérite de dérouter son itinéraire jusqu’à Arville. Il est possible de visiter les bâtiments et le jardin seuls, sans le musée (4€/pers.), mais cela manquerait sérieusement d’intérêt. Nous vous conseillons de visiter les deux parties, ce qui revient à 7€/adulte. La location d’audioguide est possible pour 2€, mais, sincèrement, elle n’a pas grand intérêt si vous lisez les panneaux de l’exposition. Un peu de temps pour de bonnes lectures ne fait jamais de mal, surtout pedant les vacances !
 
La commanderie d’Arville – Route des Templiers – 41170 Arville
Tel. 02 54 80 75 41 mail : commanderie.arville@wanadoo.fr
 Site internet : commanderie-arville.com

par Nicolas Mémeteau publié dans : Ailleurs...
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Le château de Châteaudun n’a pas le succès qu’il mérite. Il est en effet assez peu visité, environ 20 000 visiteurs par an. La seule visite de son donjon du XIIème siècle vaut le détour.

Grégoire de Tours mentionne déjà au VIème siècle l’existence de Châteaudun et d’une place forte dès l’époque mérovingienne, sous le nom latin de Castellum Dunum, simplement le château sur une butte. Il se situe en effet sur un éperon rocheux qui domine toute la vallée du Loir qui en fait un parfait site défensif. Le premier site fut construit pat Thibaud le Tricheur au début du Xème s. mais il n’en reste aucun vestige. La partie la plus ancienne conservée est le donjon du XIIème qui semble être l’œuvre de Thibaud V.

Le 13 octobre 1391, Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI (1368/1422) achète à Guy II de Châtillon les comtés de Blois et de Dunois. En 1439, Charles d’Orléans, fils de Louis donne le comté de Dunois à son demi-frère Jean, connu sous le nom du « bâtard d’Orléans », célèbre compagnon d’armes de Jeanne d’Arc en 1429. Il entreprend la reconstruction du château à partir de 1451, jusqu’à sa mort en 1468.


Le donjon circulaire constitue sans doute la partie la plus intéressante de la visite. Il est très impressionnant (31 m de hauteur pour 17 m de diamètre) et très bien conservé. Les pièces sont disposées classiquement pour ce genre d’édifice : 3 niveaux superposés, réserve à grains au rez-de-chaussée et deux salles habitables aux autres niveaux. Notons que c’est un donjon de refuge, en cas d’attaque, et non une tour d’habitation régulière comme à Loches par exemple. Cela veut dire que les installations de vie sont assez sommaires, l’essentiel étant consacré à la défense, galeries de circulations annulaires larges pour faciliter la circulation des gardes, très peu d’ouvertures, quelques modestes archères. Les assiégés ne faisaient qu’attendre que le siège soit levé, ce qui explique le peu d’installations de défense active, qui ne viendront dans les donjons et châteaux qu’à partir du XIVème s. (pour plus d’informations, nous vous renvoyons à l’excellent livre de Daniel Schweitz). Le donjon ne se visite qu’en visite guidée, pour des raisons de sécurité compréhensibles.


La chapelle est construite à partir de 1451 par Dunois. Elle est une Sainte Chapelle qui relève directement de l’autorité pontificale, rappelant le lien du « bâtard d’Orléans » avec le roi de France. Cette chapelle possède un décor sculpté prestigieux avec 12 statues représentant les patrons de la chapelle auxquels Dunois vouait un culte particulier. Nous le savons grâce à son livre d’heures, conservé aujourd’hui au British Museum : la Vierge, Saint Jean-Baptiste et Jean l’évangéliste, Madeleine, Catherine d’Alexandrie, Marguerite, Geneviève, Apolline, Barbe, Marie l’égyptienne, Elisabeth de Hongrie et Radegonde. Toutes ces statues sont du XVème et sont classées. La chapelle possède aussi une fresque de jugement dernier peint sur le mur de l’oratoire sud. La datation semble indiquer la fin du XVème.

A partir de 1460, Dunois fit bâtir l’aile gothique, dite « aile Dunois », pour y loger sa famille. Rez-de-chaussée et premier étage constituaient la partie noble, tandis que les combles accueillaient les domestiques. Une salle de justice fut aménagée au RDC, au XVIIème s. et s’accompagne de cellules de prison en sous-sol, encore visibles aujourd’hui, et qui font assez froid dans le dos, il faut bien le dire ! Rare exemple de juridiction seigneuriale de l’Ancien Régime transformée à la Révolution salle de tribunal révolutionnaire, il conserve encore son décor d’origine ainsi que les attributs révolutionnaires peints vers 1790.

Aile XVe avec escalier hors-oeuvre

En sous-sol sont visibles les cuisines médiévales. Une exposition contemporaine s’y tient, qui, honnêtement, n’est pas du meilleur goût. On y voit tout de même les cheminées extraordinaires, si grandes, qu’elles pouvaient accueillir des bœufs entiers !


Au nord de cette aile se construit l’aile XVIème, dite « aile Longueville », du nom du petit-fils de Dunois, François II, qui bâtit cette aile de 1509 à 1518. Ces proportions sont considérables : 10 m. de large pour une trentaine de long, les deux salles, au RDC et au premier, sont gigantesques, et pouvaient y accueillir de grandes fêtes.


Ce château possède également 3 escaliers très pédagogiques, de trois périodes différentes. Le premier, œuvre gothique de 1460 est placé dans une tour polygonale hors œuvre, à la jonction de la chapelle et de l’aile Dunois. Il contraste avec la vis gothique flamboyante insérée entre l’aile XVème et l’aile Longueville, élevée seulement une dizaine d'années plus tard. Cet escalier est construit en œuvre, avec une leçon de décor flamboyant absolument magnifique. Enfin, l’escalier Longueville fut édifié en 1510 à l’autre extrémité de l’aile XVIème. C’est à nouveau une vis mais qui possède un riche décor italien. A l’observation, nous pensons aux futurs escaliers de Blois et d’Azay-le-Rideau et à l’escalier contemporain de Chaumont.


Soyons clair, le château est vide de meubles, excepté quelques coffres et quelques tapisseries. L’intérêt principal provient de la tour médiévale. La visite n’est possible qu’en visite guidée. Ne pas la voir rend le château beaucoup moins enthousiasmant. Mais les logis (en libre) si vides soient-ils sont intéressants car ils permettent de voir d’immenses salles de réception de la fin du Moyen-Âge. Et les escaliers ont une vertu éducative indiscutable.
Nous sommes plus réservés sur les quelques éclairages contemporains des cuisines. Elles valent toutefois la peine pour les cheminées.
Ce château est peu fréquenté et c’est dommage. Alors, si vous faites route vers la cathédrale de Chartres, n’hésitez à faire halte à Châteaudun.


Plus d'infos sur chateaudun.monuments-nationaux.fr
par Nicolas Mémeteau publié dans : Ailleurs...
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Les Saint-Nectairiens ont beaucoup de chance ! Mis à part le fait de vivre dans un cadre que personnellement je trouve idyllique, ils ont, dans leur village, une église extraordinaire.
On le sait, l'Auvergne possède quantité d'églises romanes de très belle facture. Celle de Saint-Nectaire semble être l'une des plus imposantes, si ce n'est l'une des plus belles.

L'église de Saint-Nectaire est un édifice roman, dans un style auvergnat très pur, datant du XIIe siècle.
Le plan de l'église est très classique de l'époque romane : deux tours de façade, un narthex, 5 travées dans la nef, deux collatéraux, un important transept, avec chapelles orientée, le chevet avec un déambulatoire à trois chapelles rayonnantes. A l'intérieur, on retrouve des baies en plein cintre, des voûtes d'arêtes pour les bas-côtés (ou collatéraux) et une voûte en berceau pour la nef. Ces éléments se retrouvent dans la plupart des constructions romanes.
La particularité de cette église en particulier, et dans le style auvergnat plus généralement, est l'utilisation de la pierre de lave dans la construction, ce qui donne des couleurs atypiques, par rapport aux églises et cathédrales des autres régions. D'autre part, la tour de croisée a une forme octogonale, ce qui se retrouve souvent en Auvergne. Cette tour n'est pas systématique dans les édifices religieux. Mais ici, presque toutes les églises, quelles que soient leurs tailles, en ont une, de forme toujours octogonale.

Avant d'entrer dans le narthex, on observe les deux tours carrées en façade. Dès les premiers pas dans le narthex et la nef, on est surpris par la pénombre ambiante. C'est la lot des églises romanes, qui n'ont pas été modifiées à l'époque gothique. Les vitraux sont très espacés, ce qui tamise la lumière, confinés dans des maçonneries importantes, voire massives.
Les travées sont imposantes, tout autant que la taille des piliers, surmontés de chapiteaux, pratiquement tous historiés. Les scènes représentent des passages de la passion du Christ (l'arrestation, la flagellation, le portement de la croix), mais aussi quelques uns de ces miracles, comme la multiplication des pains. On y retrouve aussi d'autres scènes, comme Moïse sauvé des eaux, le cavalier de l'apocalypse ou la résurrection des élus par exemple. Au total, près de 36 scènes sont identifiés sur les différents chapiteaux du chevet et dans la quatrième travée de la nef.
Certains de ces chapiteaux conservent encore leurs couleurs, ce qui nous permet de rappeler qu'à cette époque (XIIe s.), toutes les églises étaient peintes, aussi bien à l'intérieur qu à l'extérieur. Le tour du choeur est accessible, ce qui permet d'observer les chapiteaux du déambulatoire.

Dans le transept nord, il faut allumer les lumières du Trésor, on y aperçoit un buste en or sculpté de Saint Baudime (du XIIe s.), ainsi que le reliquaire de Saint Nectaire dans lequel sont sensés se trouver quelques ossements de la main de Nectaire. Il aurait réscussité un mort, ce qui lui a valu sa canonisation.

Cette escapade auvergnate est vraiment exceptionnelle, de part sa localisation, et surtout pour la qualité de sa construction. Un détour à ne pas manquer, avant d'aller chausser les skis à Super-Besse !

Plan de l'église de Saint-Nectaire, cliquez dessus. Si vous souhaitez le détail des chapiteaux, contactez-nous. 

 

Plan de l'église

par Nicolas Mémeteau publié dans : Ailleurs...
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