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MONUMENTAL

MONUMENTAL

Actualité du patrimoine. Visites, lectures, expositions, dans des châteaux, des églises. Notre passion du patrimoine à la portée de tous.


Chapelles angevines

Publié par Nicolas Mémeteau sur 19 Novembre 2007, 16:20pm

Catégories : #Val de Loire

Nous vous convions à une très agréable ballade le long de la Loire. Le parcours, sur la rive sud, entre Saumur et Angers, est l’occasion de découvrir des merveilles : 3 chapelles et une tour abandonnée.
Trois étapes vraiment intéressantes, sur la route : Trèves, Chenehutte et Cunault, avant d’atteindre Angers.

La première étape est Chenehutte. Sur le papier on nous annonce une église romane. Nous fumes un peu déçus, car elle a été fortement restauré, sans doute au XIXe siècle, et ne possède pas, intérieurement, de réel intérêt. Extérieurement, par contre, on peut quand même observer le clocher roman, très usé, non restauré, mais authentique, avec ses baies géminées en plein cintre, ainsi que ses colonnettes à chapiteaux sculptés.
Les modillons du chevet ont eux ausssi été refaits, mais plus récemment et de belle manière. Le tour extérieur de l’église vaut quand même la peine de s’arrêter dans ce village des bords de Loire.

Trèves est la deuxième étape de cette route. On change ici d’atmosphère et d’envergure. L’église Saint-Aubin, construite aux XIe et XIIe siècles est le type courant de l’église rurale angevine. Lorsque l’on entre dans le cimetière, on découvre une chapelle romane magnifiquement restaurée. Elle est vide et désaffectée au culte, mais de nombreux spectacles y sont donnés à la belle saison. On y découvre une nef unique, mais les collatéraux existaient et furent supprimés. On voit très bien les grandes arcades sur les murs, désormais porteurs, de la nef.  Sont à voir dans la nef, un très beau baptistère en porphyre du XIIe, ainsi que le gisant du constructeur du donjon, Robert le Mascon.


La charpente est neuve mais très belle, tout comme l’abside en cul-de-four du chœur.
La façade elle-même semble tronquée. Il doit manqué un éventuel narthex, qui a dû disparaître, il y a bien longtemps, à l’aune des emplacements des tombes du cimetière, toutes proches.
Du cimetière, on aperçoit une tour seule sur l’éperon qui jouxte l’église. Ce donjon semble être le seul vestige d’un important château du XVe. Les origines de ce château remontent au XIe, grande période de construction des comtes d’Anjou (dont Foulques Nerra), mais il fut démoli au XVIIIe siècle. L’extérieur est accessible toute l’année, mais il faut attendre les journées du patrimoine pour découvrir l’intérieur. Les vues de la tour sont cependant superbes.

Notre périple angevin s’achève à Cunault. La visite de l’église prieurale Notre-Dame de Cunault est sans aucun le point d’orgue de ce parcours. Fondé au IVe siècle par un disciple de Saint-Martin, le monastère de Cunault dépend vite de l’abbaye de Tournus, en Bourgogne, et un haut lieu de pèlerinage. L’eglise actuelle est construite durant tout le XIIe siècle. Le monument est terminé début XIIIe et ne changera presque plus.
La guerre de cent ans et les guerres de religions amoindrirent le rôle du monastère, qui n’abritera plus alors que quelques moines. Le prieuré est supprimé en 1741 et l’église est partagé en 1749, le chœur est alors vendu à un particulier pour en faire une grange. Seule la nef reste ouverte au culte et devient même église paroissiale en 1754, après la destruction de l’église Saint-Maxenceul, dont les ruines sont d’ailleurs visibles au cimetière. Nous vous conseillons vivement de vous y rendre, les restes sont vraiment magnifiques.

Lorsque l’on entre dans la nef, les trois premières voûtes sont de style angevin (ou Plantagenêt, vous savez que nous aimons particulièrement ce type de couvrement, voir instantané ici). Le reste de la nef offre un berceau brisé, interrompu par des arcs doubleaux régulièrement espacés. Tous les chapiteaux sont à observer, comme souvent dans les chapelles romanes : ils sont soit historiés (illustrant des chansons de Geste, batailles…), soit végétaux. Le déambulatoire est imposant. Dans chaque chapelle rayonnante, des peintures murales, magnifiquement conservées, sont à observer.
Le clocher du XIe est le plus ancien d’Anjou. Il est vraiment massif et même surdimensionné par rapport à l’ensemble, avec ses trois niveaux de baies.
L’analyse de la façade ne laisse pas d’étonner et de faire penser à Notre-Dame-La-Grande de Poitiers. Notre attention est portée sur le tympan sculpté. Dans une série d’archivolte, on observe une Vierge en majesté, assise sur un trône, tenant l’enfant Jésus sur ces genoux.
La découverte de cette église nous a vraiment impressionné et est sans conteste la merveille de ce parcours.

Ce petit périple angevin nous a été très agréable et nous ne saurions trop vous le recommander, histoire, encore et toujours, de sortir des sentiers battus du Val de Loire.


Chênehutte, Trèves, Cunault, Maine-et-Loire (49), entre Angers et Saumur, le long de la Loire.
Informations au Bureau d’Accueil Touristique, 02 41 67 92 55 (en juillet et août). Ces lieux sont ouverts toute l’année et gratuits.
Page perso sur le village et le château de Trèves ici.

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Louvre-passion 28/11/2007 20:55

Je retiens toutes suggestions qui nous font sortir des sentiers battus et touristiques.

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