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Mercure - Itinéraires Culturels

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 18:54

      Encore sur la route, à l'entrée de la ville, l'accroche est immanquable : "le plus grand château fort d'Europe" ! Autant cette promotion est exagérée (et invérifiable, en fait !), autant ce site vous marquera à jamais, pour qui aime les grands édifices militaires du Moyen-Âge.

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      A mi-chemin entre Rennes et la côte, avec notamment le Mont-Saint-Michel, cette fortresse était l'un des bastions essentiels des "Marches de Bretagne", sorte de zone tampon entre le duché de Bretagne et les terres de la Couronne de France. Visiter Fougères permet de comprendre la complexité historique de cette région au Moyen-Âge, souvent méconnue en fait, au profit de l'histoire conflictuelle entre la Bretagne et le roi de France. Dans cette "Marche" se trouvent encore aujourd'hui nombre de châteaux forts témoins de cette période : Vitré, La Guerche, Chateaubriant, Ancenis, Clisson, Machecoul, sans oublier Guérande, très belle cité fortifiée.

Image Hosted by ImageShack.us      Dès le XIe siècle, Fougères se trouve à un carrefour stratégique : entre Maine, Anjou, Normandie et bien sûr, la Bretagne. Dès cette époque un château en bois trône sur ce lieu improbable pour une forteresse : une cuvette ! C'est la première étrangeté de ce lieu : bâtir une forteresse, certes sur une motte, mais surtout, en contrebas, au milieu d'un cuvette.
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      Henri II Plantagenêt détruit le château de bois, après un siège, en 1166.  Le baron Raoul II le reconstruit en pierre. Commence alors près de 300 ans d'histoire militaire et d'architecture défensive à Fougères, encore visible aujourd'hui.

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      Le château sera régulièrement "modernisé" aux XIIIe et XIVe siècles, en lien avec les évolutions techinques de la guerre médiévale, tout en conservant beaucoup d'éléments préexistants. A la fin du XVe siècle, la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier sonne le glas de l'indépendance de la Bretagne vis-à-vis du royaume de France. Ce rattachement est ensuite scellé par le mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII en 1491, même si cette union entre le duché et le royaume ne sera effective qu'en 1532.

Anne de Bretagne

      A partir du XVIe siècle, la forteresse est affectée au gouverneur de la ville. Les éléments défensifs ne sont plus entretenus, tout comme les logis, qui s'effondrent peu à peu. Il n'en reste pas moins aujourd'hui un ensemble tout à fait impressionnant. L'ensemble des murailles sont debouts et en parfait état, avec ses nombreuses tours, ses 2 cours (la basse cour et le "réduit"), ainsi que l'avancée, sorte de barbacane.
L'intérêt majeur des lieux est qu'il n'est pas reconstruit. Les logis sont détruits, en ruine, mais le reste est bien conservé, pour un site non "restauré" au XIXe, comme ce fut souvent le cas ailleurs. La conservation n'en est que plus extraordinaire.

 

      Fougères est l'un des châteaux forts à connaître absolument. Ils ne sont pas nombreux en France, de cette importance (historique et architecturale) et de cette qualité de conservation. Visiter c'est Fougères, c'est d'abord voir une encyclopédie de la meurtrière à ciel ouvert. La plupart référencées dans les manuels d'architecture sont en effet présentes ici. La plupart des chemins de ronde sont accessibles (le bohneur, ne serait-ce que pour les points de vue). Le charme opère avant même l'entrée, rien qu'en faisant le tour des douves en eau.
Dans les tours, la muséographie (légère) pemet de plonger dans l'univers des Marches de Bretagne, avec ses légendes (Mélusine). Dès l'entrée, un film passionnant vous remet bien dans le contexte de la Bretagne médiévale.

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      Mais bien sûr, l'intérêt est ailleurs. Les murs parlent à Fougères, ils ont une âme indiscutable. Les maçonneries sont parmi les plus belles que l'on puisse voir pour des grands ensembles. L'analogie n'est pas facile, tant ce site est particulier, d'autant plus avec cette belle pierre, si sombre par temps gris, mais l'on pense à Carcassonne, Chinon, Provins... Bref, des sites majeurs du Moyen-Âge qui marquent les esprits.

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Plus d'infos : www.chateau-fougeres.com

Par Nicolas Mémeteau - Publié dans : Ailleurs...
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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 10:45

Peu de gens connaissent l'existence de ce château, en bord de Loire. Il faut dire qu'il se situe autour de sites très connus qui monopolisent l'attention : Langeais, Villandry, Ussé et Azay-le-Rideau sont à 10-15 minutes de ce petit site.
De plus, ce château est très modeste, autant en terme de vestiges (2 tours subsistent, en élévation) qu'en terme historique (peu de personnages sont connus).

Cependant, nous conseillons la visite de ce lieu qui est une ruine très romantique, envahit  d'une végétation luxuriante. Honnêtement, c'est magnifique. Le cadre est tout simplement enchanteur. Le circuit passe par l'une des tours, dont on voit les 3 niveaux. Chaque pièce est voutée en ogives octopartites et la forme des pièces change d'un étage à l'autre : carré ou circulaire, alors que la tour est un quadrilatère.
Le point de vue au dernier étage est assez incroyable. Ensuite, le visiteur descend dans les douves sèches, très larges en maçonnerie. Elles sont gazonnées et arborées. C'est très agréable. Tout le circuit se déroule au milieu d'arbres gigantesques et de fleurs omniprésentes.

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L'histoire du monument est assez complexe et difficile à pister, comme souvent dans les petits sites. Il semble que les premiers seigneurs de Cinq-Mars soient ici depuis 1050, sous le nom de Saint-Médard. Le château actuel (où plutôt ce qu'il en reste) doit dater de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. On remarque des travaux d'importance au XVe et au XVIe siècle, dus entre autre à Louis II de la Trémoille (mort en 1524).

Le personnage "célèbre" des lieux est Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de Cinq-Mars (1620-1642), "favori" de Louis XIII. Il fut exécuté  sur ordre de Richelieu, pour avoir comploté contre lui, dans le but de le destituer. Une lettre subsiste, écrite par le marquis, juste avant sa décollation, à lire au rez-de-chaussée de la tour. L'affaire est raconté dans un livre d'Alfred de Vigny, en 1826, "Cinq Mars ou une conjuration sous Louis XIII".

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Le monument fut racheté dans les années 1950, par Nicolas Untersteller, artiste du XXe siècle, dont le fils continue l'entretien et l'exploitation du château. 
 

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Nous sommes assez ravis de cette découverte, même si l'accueil fut assez... surprenant. Vous arrivez chez les propriétaires et vous le sentez assez nettement, dès que vous passez la porte. Vous êtes "chez eux", ce qui est assez gênant, lorsque l'on exploite un monument ouvert au public. A part ce détail, le site est plus que charmant.


Ouvert de juillet à septembre, tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 20h.
Avril - juin / octobre - novembre : week-end & jours fériés.
Hiver : sur réservation
Le site fait aussi chambres d'hôtes. 
Plus d'infos : www.chateau-cinq-mars.com/ 

Par Nicolas Mémeteau - Publié dans : Val de Loire
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