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Mercure - Itinéraires Culturels

Il est toujours difficile d’évoquer un site célèbre sans tomber, soit dans des banalités habituelles, soit dans des critiques acerbes et stériles. Chenonceau fait partie de ce genre de monuments. Qui n’a jamais entendu parler de Chenonceau ? Qui n’en a jamais vu, ne serait-ce qu’une image, comme sa célèbre silhouette sur le Cher ?

Nous nous sommes rendus au château à Noël, plus exactement le 24 décembre, pour profiter des décorations florales proposées à cette période. Ce fut donc aussi l’occasion de chroniquer le célèbre monuments dans ces pages.

À l’évidence, Chenonceau est un château Renaissance. Mais il ne faudrait pas oublier que ce fief est connu dès le XIIIe siècle. Le passé médiéval du château est toujours présent par la Tour des Marques et l’avant-cour qui délimite l’ancien château fort, rasé en 1411, en punition du ralliement bourguignon de Jean Marques. Le château est peu à peu reconstruit par Jean II Marques, fidèle de Charles VII. Thomas Bohier profite de difficultés financières de la famille Marques pour racheter le château en 1513. Il rase alors le Moulin Fortifié pour se lancer peu à peu dans la construction d’un château renaissance.
Thomas Bohier est le général des Finances de Normandie. Sa femme, Catherine Briçonnet, appartient au milieu d’affaire tourangeau, gravitant notamment, grâce à des alliances familiales, autour de Jacques de Beaune-Semblançay (déjà évoqué ici), contrôleur général des Finances du roi. Le couple fait partie des nombreux financiers qui construisent en Touraine à cette époque, comme Berthelot à Azay ou Jacques de Beaune.

Le donjon est conservé, mais rhabillé de décor sculpté conforme à l’époque. Sur l’arche de l’ancien moulin, Bohier lance la construction du logis de Chenonceau. Le logis adopte un plan régulier, carré et centré. Ce carré cantonné par quatre tours circulaires n’est pas sans évoquer Chambord, de conception contemporaine. Les nombreuses influences italiennes, dans le décor, et même dans la conception des circulations nous rappellent que Bohier a participé aux campagnes d’Italie, dès 1494, auprès de Charles VIII, puis de 1507 à 1509, avec Louis XII. Il est même nommé par le roi surintendant des finances en Italie en 1511.
Dans les innovations remarquables, l’escalier est d’importance. Il s’élève au milieu de l’édifice, mais est surtout dans-œuvre et à rampes droite, alors que la mode, même royale, est plutôt aux vis hors-œuvres (Blois, Chaumont…). Il est sans doute l’un des premiers de ce type en Val de Loire, sur le modèle italien. La voûte qui le couvre est rampante, avec des nervures se coupant à angles droits. Les caissons ainsi délimités sont ornés de figures humaines, de motifs floraux ou fruitiers. Au palier, le repos permet de voir le Cher, formant une loggia à balustrade, là aussi une nouveauté.
La distribution des salles est restée la même aujourd’hui, avec le large vestibule qui traverse tout le château, disposition exceptionnelle au début du XVIe sicle. Les pièces sont, dans l’ensemble, intimes et confortables.

Toutes les façades sont rythmées verticalement par les travées de fenêtres. Chaque fenêtre est encadrée par des pilastres, solidaires de la baie qu’ils encadrent, pour accentuer la verticalité (comme à Azay-le-Rideau, Blois…). Des moulures horizontales séparent les étages et courent sur les façades. L’architecture mêle habilement vieilles traditions (hautes toitures, tourelles en encorbellement, culs-de-lampes, voûtes d’ogives et chapelle à pans coupés) et les nouveautés italiennes (ouverture de toutes parts sur le paysage, escalier rejeté sur le côté, décor de pilastres et de chapiteaux…). Chenonceau est vraiment une parfaite illustration de ce qu’est la Première Renaissance Française dans cette première moitié du XVIe siècle.
Les cuisines, restées célèbres, sont sises dans les deux premières piles, dans le lit du Cher. Elles demeurent les plus belles cuisines Renaissance visibles aujourd’hui.

La couronne récupère le domaine en 1535, légué par le fils Bohier, Antoine, une des suite du retentissant procès de Jacques de Beaune, qui entacha toutes les familles alliés, dont les Bohier, mais aussi les Berthelot à Azay ou les Hurault à Cheverny.

François Ier y reçut Charles-Quint en 1539. Henri II donne, dès 1547, cette merveille à sa favorite, Diane de Poitiers. Elle reprend l’exécution du jardin, qui porte aujourd’hui son nom, et la construction du pont sur le Cher, confié à Philibert Delorme, de 1556 à 1559. Cette même année, le roi décède et Catherine de Médicis entreprend de récupérer le château en contraignant Diane à l’échanger avec Chaumont (article ici).
La reine entreprend aussi de grands travaux : modifications de la façade nord, adjonction à l’est d’un avant-corps entre la librairie et la chapelle, établissement de deux niveaux de galeries sur le pont de Diane (1570/1576), constructions des communs dans l’avant-cour (1580/1585). Il semble qu’elle avait aussi prévu la construction d’un autre bâtiment à l’extrémité du pont, les pierres d’attente sont encore en place aujourd’hui, ainsi que la composition maniériste en avant du logis des Bohier, connue par les gravures d’Androuet Du Cerceau.

L’occupation royale permit l’organisation de somptueuses fêtes, largement connues, de par les nombreuses gravures qui existent encore.
La belle fille de Catherine, Louise de Lorraine hérite du château, et des dettes ! Elle y mène une vie de recluse après la mort d’Henri III, assassiné par Jacques Clément, en 1589. Sa chambre, recouverte de noire, est l’une des merveilles à visiter dans ce château.

Après sa mort, le site sera largement abandonné durant tout le XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe. De nombreux propriétaires se succèdent entre 1730 et la fin du XIXe siècle. Une importante restauration est lancée en 1863, pour lui redonné son aspect « primitif », d’après les gravures de Du Cerceau (annulation de constructions, même de Catherine de Médicis, comme l’avant-corps entre librairie et chapelle). Le décor est refait, mais fut bombardé en 1940 et 1944. Cette période est même l’occasion pour le château d’être le lieu de passage entre les zones libres et occupées ; la porte sud de la galerie donne en zone libre, alors que l’entrée du château est en zone occupée.

Nous tenons à dire que nous fûmes agréablement surpris par la visite, comme à Villandry. La célébrité du site et sa grande exposition médiatique ne nuisent pas à ses qualités premières, au moins durant l’hiver. Il est clair que l’été le monde ajouté aux nombreuses animations proposées (tour en barque, petit train…) peuvent donner l’aspect d’un parc d’attractions, plus que d’un monument historique.
Nous n’avions pas vu Chenonceau depuis de nombreuses années, et nous avons apprécié la qualité des collections dans les nombreuses pièces ouvertes à la visite (19 salles plus les jardins). C’est d’ailleurs le premier « bon » point : beaucoup de pièces plutôt bien garnies et bien mises en scène sont à voir. Nous avons certes été surpris par la présence d’un portrait de Catherine de Médicis sur la cheminée de la chambre de Diane de Poitiers (qui n’est même pas représentée dans sa chambre !). Mais en dehors de ce détail, nous avons plutôt apprécié l’ensemble, et notamment la chambre de Louise de Lorraine, qui est absolument lugubre, et donc sublime. L’ensemble des sapins de Noël et décorations florales donne une touche très sympathique à la visite, notamment dans la grande galerie. De plus, les vues spectaculaires du château, depuis le jardin de Diane ou celui de Catherine, ne se démentent jamais, pour peu qu’un rayon de soleil vienne agrémenter les façades.
Nous avons eu la chance d’avoir peu de monde au château, et nous avons bien conscience du privilège que nous avons eu, car c’est généralement un château  qui ne désemplit pas, avec l’inconfort que cela procure pour profiter des lieux, été comme hiver.

Le seul point noir, vraiment notable pour le visiteur, est évidemment le tarif : 10 € pour un adulte et 7,50 € dès 7 ans. Ajoutez à cela 4 € de location pour Ipod, si vous souhaitez faire la visite avec l’audio guide, à décider d’ailleurs dès la billetterie, et non pas à l’entrée où ils sont distribués, l’addition pour une famille moyenne peut paraître salée. Le prix en soi n’est pas exorbitant lorsque l’on voit la qualité exceptionnelle du site, mais il est vrai que cela entame fortement un budget familial pour des vacances en Val de Loire.

Chenonceau est en effet un lieu incontournable, un château essentiel de la Renaissance en Val de Loire. La beauté du site, de la galerie sur le cher, reste exceptionnelle et il convient de la connaître lorsque l’on prétend visiter les châteaux de la Loire. Historiquement, architecturalement, c’est un site majeur de notre patrimoine. Reste que Chenonceau est un site privé, qui a besoin de fonds pour exister. Cela en fait un site cher, c’est vrai, qui peut paraître même excessif à certains pour tout visiter, avec audio guides. Notez qu’il n’y a pas de guides et des visites guidées, juste des Ipod (payants) ou une brochure, qui est plutôt bien faite d’ailleurs, mais qui ne remplaceront jamais le talent  d’un bon guide dans un château de la Loire.

Chenonceau ou Chenonceaux ?
En fait, les deux ! Chenonceaux, avec un X est le nom actuel du village. L’appellation sans X correspond au nom du château à l’époque Renaissance.

D'autres infos : www.chenonceau.com


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par Nicolas Mémeteau publié dans : Val de Loire
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Nous vous convions à une très agréable ballade le long de la Loire. Le parcours, sur la rive sud, entre Saumur et Angers, est l’occasion de découvrir des merveilles : 3 chapelles et une tour abandonnée.
Trois étapes vraiment intéressantes, sur la route : Trèves, Chenehutte et Cunault, avant d’atteindre Angers.

La première étape est Chenehutte. Sur le papier on nous annonce une église romane. Nous fumes un peu déçus, car elle a été fortement restauré, sans doute au XIXe siècle, et ne possède pas, intérieurement, de réel intérêt. Extérieurement, par contre, on peut quand même observer le clocher roman, très usé, non restauré, mais authentique, avec ses baies géminées en plein cintre, ainsi que ses colonnettes à chapiteaux sculptés.
Les modillons du chevet ont eux ausssi été refaits, mais plus récemment et de belle manière. Le tour extérieur de l’église vaut quand même la peine de s’arrêter dans ce village des bords de Loire.

Trèves est la deuxième étape de cette route. On change ici d’atmosphère et d’envergure. L’église Saint-Aubin, construite aux XIe et XIIe siècles est le type courant de l’église rurale angevine. Lorsque l’on entre dans le cimetière, on découvre une chapelle romane magnifiquement restaurée. Elle est vide et désaffectée au culte, mais de nombreux spectacles y sont donnés à la belle saison. On y découvre une nef unique, mais les collatéraux existaient et furent supprimés. On voit très bien les grandes arcades sur les murs, désormais porteurs, de la nef.  Sont à voir dans la nef, un très beau baptistère en porphyre du XIIe, ainsi que le gisant du constructeur du donjon, Robert le Mascon.


La charpente est neuve mais très belle, tout comme l’abside en cul-de-four du chœur.
La façade elle-même semble tronquée. Il doit manqué un éventuel narthex, qui a dû disparaître, il y a bien longtemps, à l’aune des emplacements des tombes du cimetière, toutes proches.
Du cimetière, on aperçoit une tour seule sur l’éperon qui jouxte l’église. Ce donjon semble être le seul vestige d’un important château du XVe. Les origines de ce château remontent au XIe, grande période de construction des comtes d’Anjou (dont Foulques Nerra), mais il fut démoli au XVIIIe siècle. L’extérieur est accessible toute l’année, mais il faut attendre les journées du patrimoine pour découvrir l’intérieur. Les vues de la tour sont cependant superbes.

Notre périple angevin s’achève à Cunault. La visite de l’église prieurale Notre-Dame de Cunault est sans aucun le point d’orgue de ce parcours. Fondé au IVe siècle par un disciple de Saint-Martin, le monastère de Cunault dépend vite de l’abbaye de Tournus, en Bourgogne, et un haut lieu de pèlerinage. L’eglise actuelle est construite durant tout le XIIe siècle. Le monument est terminé début XIIIe et ne changera presque plus.
La guerre de cent ans et les guerres de religions amoindrirent le rôle du monastère, qui n’abritera plus alors que quelques moines. Le prieuré est supprimé en 1741 et l’église est partagé en 1749, le chœur est alors vendu à un particulier pour en faire une grange. Seule la nef reste ouverte au culte et devient même église paroissiale en 1754, après la destruction de l’église Saint-Maxenceul, dont les ruines sont d’ailleurs visibles au cimetière. Nous vous conseillons vivement de vous y rendre, les restes sont vraiment magnifiques.

Lorsque l’on entre dans la nef, les trois premières voûtes sont de style angevin (ou Plantagenêt, vous savez que nous aimons particulièrement ce type de couvrement, voir instantané ici). Le reste de la nef offre un berceau brisé, interrompu par des arcs doubleaux régulièrement espacés. Tous les chapiteaux sont à observer, comme souvent dans les chapelles romanes : ils sont soit historiés (illustrant des chansons de Geste, batailles…), soit végétaux. Le déambulatoire est imposant. Dans chaque chapelle rayonnante, des peintures murales, magnifiquement conservées, sont à observer.
Le clocher du XIe est le plus ancien d’Anjou. Il est vraiment massif et même surdimensionné par rapport à l’ensemble, avec ses trois niveaux de baies.
L’analyse de la façade ne laisse pas d’étonner et de faire penser à Notre-Dame-La-Grande de Poitiers. Notre attention est portée sur le tympan sculpté. Dans une série d’archivolte, on observe une Vierge en majesté, assise sur un trône, tenant l’enfant Jésus sur ces genoux.
La découverte de cette église nous a vraiment impressionné et est sans conteste la merveille de ce parcours.

Ce petit périple angevin nous a été très agréable et nous ne saurions trop vous le recommander, histoire, encore et toujours, de sortir des sentiers battus du Val de Loire.


Chênehutte, Trèves, Cunault, Maine-et-Loire (49), entre Angers et Saumur, le long de la Loire.
Informations au Bureau d’Accueil Touristique, 02 41 67 92 55 (en juillet et août). Ces lieux sont ouverts toute l’année et gratuits.
Page perso sur le village et le château de Trèves ici.

par Nicolas Mémeteau publié dans : Val de Loire
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Sur les traces de Foulque Nerra, comte d'Anjou (970/1040), nous sommes obligés de passer par Montbazon. C’est l’un des nombreux sites construit par le Faucon Noir. Nous avons eu l’occasion de l’évoquer à travers les donjons de Loches et de Langeais.

Le donjon de Montbazon est le plus ancien de France en pierre. Sa construction remonte à 991. C’est l’année ou les moines de l’abbaye de Cormery se plaignent au roi de France (Hugues Capet) que le comte d’Anjou bâtit sur leurs terres, à Montbazon, une forteresse. Cette construction fait partie de cette conquête de la Touraine lancée fin Xe, face aux puissants comtes de Blois, depuis Thibaut le Tricheur (v. 940) jusqu’à Eudes Ier et Eudes II au tournant de l’an mil.

C’est dans ce mouvement que Foulque construira ou réaménagera plus d’une vingtaine de sites militaires. Il est aussi un chrétien pieux, qui cherche à expier ses nombreuses cruautés sur les champs de bataille et ailleurs (il brûla sa première épouse en place publique) en construisant  des édifices religieux (dont Beaulieu-les-Loches, datant de 1007 où se trouve son tombeau) et fit quatre pèlerinages à Jérusalem, ce qui est simplement hors normes pour ce XIe siècle.

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Le donjon de Foulque mesure près de 28 mètres et est bien sur de forme rectangulaire, classique pour cette époque. Cette forteresse fut tout de même prise par les comtes de Blois dès 997. Foulque Nerra mit alors près de 40 ans à la reprendre, vers la fin de sa vie (il meurt en 1040). Son fils Geoffroy Martel y adossa le petit donjon vers 1050, sorte de tour d’escalier permettant l’accès par le premier étage du donjon (dispositif identique à Loches). Il termina aussi la tour en y ajoutant près d'une dizaine de mètres.

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Les successeurs des comtes d’Anjou, les Plantagenêt continueront de le moderniser. Henri II lance en 1175 un grand chantier avec la construction de la tour ronde d’entrée (la même existait à Chinon, en lieu et place de l’actuelle Tour de l’horloge), ainsi que des murailles autour du jardin médiéval et une tour pleine, la tour de l’âne. Ce qui frappe le plus est la rusticité de la maçonnerie. Nous n’avons pas encore de bel appareillage comme les autres constructions : il ne s’agit ici que pierres brutes, qui semblent arrachées au plateau, qui a d’ailleurs créé le ravin du flanc sud.

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Philippe Auguste fait basculer la Touraine dans le domaine royal au début du XIIIe siècle. La forteresse devient alors la propriété d’une longue succession de famille dont entre autre les Mirebeaux, les Craon, les Rochefoucauld, puis les Rohan, ducs de Montbazon jusqu’à la Révolution.

Le site connaît durant cette longue période de fortes transformations, dont la construction vers 1425 d’un deuxième château, le château-neuf, face au vieux donjon. Il semble que ce logis soit renommé pour son élégance. Viendront régulièrement dans ce logis Charles VII, Louis XI. Ce logis est malheureusement au trois quart détruit depuis 1746. Voici ce qu'il en reste aujourd'hui. Il est le logis des nouveaux propriétaires.

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Le donjon reste habité jusqu’en 1782. La partie supérieure du donjon (de Geoffroy Martel), ainsi que le petit donjon s’effondre en 1791. La ville pense alors à raser les restes. Il n’en est finalement rien. En 1797, un violent coup de foudre vient lézarder le donjon, dont la fissure impressionne encore le visiteur.
Le site est réutilisé au XIXe siècle pour un usage moins noble : le donjon devient un simple entrepôt et, à l’angle sud-ouest, on installe un télégraphe Chappe. Sa balustrade est toujours visible aujourd’hui.

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La conservation commencera en 1860, même si en 1866, le curé de la paroisse fait installé une Sainte-Vierge, haute de 9,50 m., largement subventionnée par l’impératrice Eugénie.

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La sauvegarde viendra d’Amérique lorsqu’un jeune lieutenant des fusiliers marins, venu en France durant la guerre 14/18, William Perry Dudley, rachète le site en 1922. Avec son amie, l’artiste peintre Lilian Whitteker, il se lance dans une grande restauration du monument.
A la fin des années 50, ils auront consolidé ou reconstruit de nombreux pans de murs du donjon et du logis seigneurial.

Montbazon est aujourd’hui propriété de M. et Mme Atterton. Cet anglais, marié à une française, a permis l’ouverture du château au public (depuis 2003 seulement) en restaurant sur ces deniers le monument. Dans le donjon, vous pourrez voir de nombreuses photos avant-après et comprendre l’aspect pharaonique des travaux entrepris par Harry & Jacqueline Atterton. Nous avons longuement discuté avec les maîtres des lieux. Ils sont absolument charmants, amoureux de ce donjon et ont des idées plein la tête. Sont en préparation 3 musées, deux salles de classe (une couverte, une découverte), un enclos de jeux médiévaux, l’exploitation du parc et de son amphithéâtre pour des animations culturelles (concerts…). Beaucoup de travail est encore à faire mais le projet est plus qu’alléchant.


Le donjon de Montbazon est résolument notre coût de cœur de l’année. Il est impératif si l’on s’intéresse aux châteaux forts de connaître celui-ci, le plus ancien de France encore en élévation. De plus, le billet est très peu cher, 3,50 €, et comme cet argent sert directement à restaurer le site, on ne le regrette pas.


Ouvert de Pâques à novembre, tous les jours, et les week-end d’hiver, par beau temps.

Tel. 02.47.34.34.10   Site : www.donjon-montbazon.net
Vous trouverez notamment sur ce site les coordonnées d'une association, la Confrérie du donjon, dont les buts sont la sauvegarde et la restauration du donjon de Montbazon. Nous saluons bien sûr cette initiative et invitons chacun de vous à vous rendre sur leur site, pour vous renseigner sur leur travail. Vous pouvez télécharger leur gazette trimestriel sue cette page.

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par Nicolas Mémeteau publié dans : Val de Loire
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Le château de Montrésor est l’un des nombreuses places fortes dues ou attribuées à Foulques Nerra. Celle-ci semble être construite vers 1005.
Dans la deuxième moitié du XIIe siècle les Plantagenêt gère donc la région, dont la cité de Loches toute proche. Philippe Auguste la prend en 1188, la même année que Lavardin, en Loir-et-Cher, et ordonne sa destruction par lettres patentes en 1203.
Il faudra attendre alors la fin du XIVe siècle, 1395, pour que Jean de Bueil amorce une restructuration du site. Mais c’est Imbert de Bastarnay, seigneur de Bridoré qui réaménage complètement le château pour lui donner son aspect actuel. Imbert est connu pour avoir été le conseiller financier des rois de la fin du XVe (Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier) et pour être le grand-père de Diane de Poitiers.

A l’extrémité ouest du promontoire s’élève l’ancienne motte castrale. Du château de Jean III de Bueil ne subsiste que le châtelet d’entrée d’allure extrêmement curieuse d’ailleurs. Le logis en revanche est bien celui d’Imbert, de la fin du XVe siècle. On y retrouve en effet un style d’architecture gothique, avec deux tourelles à mâchicoulis, ainsi que la seconde enceinte que l’on peut suivre sur toute la face nord, l’occasion d’y voir une fausse-braie.

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Les précisions historiques sont maigres, mais il faut dire que le château met principalement l’accent sur la nouvelle occupation, à partir de 1849, par un certain polonais du nom de Xavier Branicki, héritier d’une riche famille. Il restaura ou reconstruisit le logis d’Imbert et apporta une grande collection de peintures russes et polonaises. Il a tellement modifié le château qu’il ne reste rien d’authentique du logis d’Imbert de Bastarnay et seulement l’enceinte du site de Jean de Bueil. La collection naturalisé du grand salon est énorme, frisant d'ailleurs le ridicule dans sa présentation. nous avon vu quand même un grand escalier en vis menant au premier qui nous a beaucoup plu.
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Le château à visiter aujourd’hui est donc celui du dernier occupant. Le site propose une vue assez exceptionnelle sur la vallée de l’Indrois, aussi bien dans le logis que sur les murailles. Malheureusement, c’est presque la seule chose intéressante à voir à au château. Nous ne pouvons vous cacher que nous sommes très déçus par la visite. Tout le château est XIXe et il n’est que très peu fait état de sa riche histoire. Mais c’est surtout l’encadrement, l’accueil et le prix qui nous ont désagréablement surpris.

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Il y a longtemps que nous n’avions pas été si mal accueilli dans un château du Val de Loire (un homme en survêtement sale, nous avions l’impression de le déranger !) Il nous a fallu bataillé pour connaître le prix (7 €) qui n’est d’ailleurs afficher nulle part. Le parc pourrait être magnifique, si seulement quelqu’un l’entretenait. On ne vous donne même pas de dépliant de visite, juste un classeur qu’il faut rendre à la fin (pour ce prix quand même !). Et comble de tout, pour aller aux toilettes, il vous faut aller chez l’habitant, chez les propriétaires, qui vivent dans les dépendances. Honnêtement, nous n’avions pas vu cela depuis fort longtemps. La mise en valeur laisse vraiment à désirer et c'est bien dommage.

Si jamais vous passez près de Montrésor, arrêtez-vous plutôt à la collégiale qui elle est superbe. Elle date du XVIe siècle, vous y verrez le tombeau d’Imbert de Bastarnay, ainsi qu’un façade vraiment intéressante.
Le village est aussi très beau et bénéficie de l'appellation "plus beau village de France". Le château n'est pas a son image.

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par Nicolas Mémeteau publié dans : Val de Loire
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Villandry est sans aucun doute la meilleure surprise de l’année. Tout le monde connaît les jardins les plus célèbres du monde, bien sûr. Nous-mêmes les connaissions, mais jusqu’à présent nous n’avions jamais pris la peine de nous rendre dans le château, aussi invraisemblable que cela paraisse !
C’est maintenant chose faite. Le château d’aujourd’hui est le monument restauré par Joachim Carvallo depuis 1906. Mais son histoire est bien plus ancienne.

Il existe une vieille forteresse dès le XIIe siècle à l’emplacement de l’actuel château Renaissance. C’est en effet là que Henri II d’Angleterre vient reconnaître sa défaite face à Philippe Auguste, le 4 juillet 1189, 2 jours avant sa mort à Chinon, lors de la « Paix de Colombiers » (nom médiéval de Villandry). il n'en reste aujourd'hui que le donjon, duquel on a une vue imprenable sur les jardins et les toitures du château.

Le donjon XIIe

Le célèbre château Renaissance vient remplacer la forteresse sous l’égide de Jean Le Breton, l’un des nombreux financiers qui se construit, dans la première moitié du XVIe siècle une demeure prestigieuse en Val de Loire, à l’instar de Gilles Berthelot à Azay-le-Rideau, Thomas Bohier à Chenonceau, Jacques de Beaune à Semblançay et à Tours, ou Florimond Robertet à Bury…

Les logis

Le nouveau château se construit, de 1532 à 1536, sur une plateforme entourée d’eau, reprenant le plan classique de Bury : un corps de logis au fond de la cour pavée, deux ailes en retour, et, sans doute, disparue, une quatrième aile fermant la cour (comme à Ussé ou à Chaumont). Il se trouve être le dernier grand château construit à l’époque de la présence royale dans la vallée de la Loire. On y retrouve donc un décor sculpté Renaissance, similaire à Azay ou Blois par exemple, à ceci près qu’il a perdu toutes les influences médiévales : le faux chemin de ronde ou les mâchicoulis décoratifs d’Azay ont disparu. 

Façade sur la cour d'honneur Lucarnes

L’ordonnance des façades repose sur un quadrillage de lignes horizontales (bien connu à Blois, les bandeaux séparent les niveaux et les traverses des croisées) et de lignes verticales (les pilastres encadrent les arcades, les croisées, les lucarnes et les meneaux). Les lucarnes richement décorées et leurs frontons-pignons ornés de volutes et de candélabres rappellent encore et toujours Blois, Azay, mais aussi Chambord (les losanges y sont sûrement pour quelque chose !) 
Pilastre séparant les arcades du rez-de-chaussée Cour d'honneur

En revanche, les ordres employés sont plus rigoureux et les deux premiers niveaux plus sobres, comme à Fontainebleau, dans ces mêmes années 1530. Ce style dit « Ile-de-France » se retrouve dans la disparition des tours d’angle au profit des deux pavillons carrés. Ces pavillons d’angles sont un peu saillants, presque indépendants, avec leurs toitures propres, ce qui fait penser à ce que l’on trouvera dans les mouvements de Seconde Renaissance (comme à Ecouen) et surtout les monuments classiques du XVIIe

En 1754, le marquis Michel-Ange de Castellane modifie en profondeur le château. Mais toutes modifications sur l’architecture ont disparu aujourd’hui. Le docteur Carvallo a préféré rendre à Villandry son aspect Renaissance sur les façades, ce qu’il n’a pas fait dans les aménagements intérieurs. C’est là l’une des surprises essentielles. Villandry est un château Renaissance avec des intérieurs complètement XVIIIe. Ils sont cependant magnifiques. Toutes les pièces ouvertes à la visite sont exceptionnelles. Le château possède notamment des parquets exceptionnels réalisés par des maîtres compagnons. Vous y verrez aussi un plafond unique, dans le salon oriental, sans oublier la salle à manger ou la chambre de Jérôme Bonaparte, dont voici le plafond.

Le plafond de la chambre de Jérôme Bonaparte Parquet Parquet Le plafond du salon oriental

La réorganisation des Carvallo est importante. Ils apportent notamment toute une collection de peinture espagnole assez intéressante.

Bien sûr, Villandry est surtout connu pour ces jardins. Ils sont, c’est vrai, tout simplement extraordinaires. Ils ne sont pas authentiques de l'époque. C'est M. Carvallo qui les a recréé. Les soubassements des anciennes terrasses à l'italienne ont été retrouvé lors de fouilles. Ces terrasses existaient donc bel et bien. Carvallo a étudié en profondeur les planches des Plus excellents bastiments de France de Jacques Androuet du Cerceau et a fait de nombreuses retraites dans des monastères pour comprendre l'art du jardin médiéval. Il y trouvera d'ailleurs la foi, lui qui était un scientifique se convertit alors au catholicisme.

Le potager Les jardins d'amour

Nous bénéficions dans le château de vues fabuleuses, excellent préalable avant de se jeter et de se perdre dans ses allées. Ils sont composés de 4 grandes parties : le jardin d’ornement (avec les jardins d’amour en 4 carrés et le jardin des croix), le jardin d’eau au fond (qui n’est pas sans rappeler un certain parc d’Ile-de-France, celui du Roi Soleil), le jardin des Simples (traditionnel du Moyen-Age, avec ses plantes médicinales, condimentaires et aromatiques, un festival de senteur) et bien sûr le Potager, la partie la plus connue. Ce dernier est vraiment une exception et vaut à lui seul le détour : des variétés choux, de piments, de céleri, toutes plus bizarres, belles et exotiques les unes que les autres ; l’occasion de découvrir ou redécouvrir des variétés de plantes oubliées. Tout cela dans un festival de couleurs… Il y a une grande sensation de calme et de paix lors de la découverte de ses jardins.

Un des carrés du potager Un plant de chou Une autre variété de chou
La jardin d'eau

Très honnêtement, nous pensions nous ennuyer à Villandry. Beaucoup nous avaient décrit l’aspect kitsch, voire ridicule des intérieurs et le côté surfait ou surmédiatique des jardins. Il n’en est rien, à notre avis, bien au contraire. C’est pourquoi ce site est la bonne surprise de l’année. Nous avons adoré les façades Renaissance, les intérieurs XVIIIe, magnifiquement restaurés ainsi que la perfection de l’ordonnancement des jardins. Nous ne saurions trop vous conseiller un détour par Villandry, dès que le moindre rayon de soleil pointe son nez.

Le château organise beaucoup de visites guidées. Elles sont de qualité et vous apprendront beaucoup de choses sur le château et sur les jardins. Cela nous paraît essentiel pour ne pas passer à côté d'un tel lieu.Il est vrai que souvent les sites très connus nous déçoivent. Ce n'est pas le cas à Villandry.

Infos : chateauvillandry.com

par Nicolas Mémeteau publié dans : Val de Loire
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